En février 2016, après 110 matchs joués en Noir, Alexis Driollet stoppait sa carrière de joueur de rugby après un grand nombre de chocs subis à la tête et disait « ne plus vouloir se mettre en danger ». Deux ans plus, l’ex-flanker aixois est devenu acteur. Il y a deux jours, il effectuait même sa première représentation de la pièce Le Veau d’Or dont il occupe le premier rôle, celui de Bernard, «multi-millionnaire, chef d’une salle de vente à la Bourse, devenu milliardaire et introduit dans une secte par un économiste mondialement reconnu ». En outre, « Drioll’ » reviendra dans le rugby la saison prochaine, par l’intermédiaire de sa compagne… Bref, c’est la vie complètement folle d’Alexis Driollet. Interview de ce joueur pas comme les autres.
« J’ai plus peur de monter sur scène que d’aller filer un tampon à n’importe quel type »
Alexis, une reconversion plutôt… inattendue ! Tu es désormais acteur ?

Comment en es-tu arrivé là ?
J’ai fait le cours Jean-Laurent Cochet à Paris, qu’ont suivi notamment les Lucchini, Depardieu et compagnie. Je m’y suis lié d’amitié avec des personnes qui ont fini leur cursus, dont un qui a écrit sa pièce et qui m’en a donné le premier rôle. On a fait des auditions dans plusieurs théâtres parisiens pour avoir des dates récurrentes. On a réussi à avoir 33 dates dans une salle (l’Espace Beaujon – Paris 8ème) pour se roder et montrer cette pièce. On espère que la mayonnaise va prendre, qu’on va remplir des salles et qu’on pourra aller jouer dans d’autres salles après. Mais nous procédons étape par étape.
C’est désormais une vie complètement différente…
C’est différent mais ça ressemble beaucoup à ce que je faisais avant. Comme au rugby, tu joues un rôle. Au rugby, c’est un numéro dans le dos, là c’est un costume. Et ce rôle là, il faut l’assumer. A travers un travail d’équipe puisque nous sommes 9 sur scène. Il y a beaucoup de choses qui se ressemblent. T’as un public avec une obligation de résultat. Cela ne se traduit pas au score mais au taux de remplissage de la salle qui va dire si t’es bon ou t’es pas bon. Y’a beaucoup de similitudes : la pression, l’adrénaline… Je pense avoir plus peur de monter sur scène que d’aller filer un tampon à n’importe quel type.
« Je ne vis les choses que comme je les ressens »
Quand tu as arrêté il y a deux ans, tu disais ne plus « avoir envie de te mettre en danger ». Pour le coup, c’est encore le cas…
Comme quoi… Je ne peux vivre que comme ça. Une forme de précarité. J’étais tranquillement à Aix et puis je suis monté à Paris, j’ai un confort qui est beaucoup plus menu, je connais beaucoup moins de monde… Je suis parti à 17 ans de chez moi, j’ai réussi dans une aventure qui était le rugby, aujourd’hui je me relance. Avec un peu de danger. Mais je ne suis pas pantouflard.
C’est une reconversion étonnante mais pas tant que ça, finalement, lorsqu’on connait ta personnalité très ouverte sur ce qui t’entoure…
Oui c’est sûr. Je pense qu’il n’y a rien qui arrive par hasard. Je ne vis les choses que comme je les ressens. J’ai pris du plaisir à faire coach sportif mais je me suis vite dit que si le restant de ma vie devait ressembler à ça, ce n’était pas possible. Il a fallu que je me pose et que je me demande si je voulais vraiment faire ça. Ou si j’avais besoin d’autre chose… Désormais je suis dans autre chose, j’ai fait des rencontres vraiment très intéressantes. Je suis suivi par quelqu’un que j’avais connu il y a très longtemps grâce à Max Guazzini, Dominique Bensehard, qui est un très grand producteur. Il m’a présenté plein de gens. J’ai aussi tourné pour Josée Dayan dans un épisode de Capitaine Marleau sur France 3. Ce sont des expériences très intéressantes.
Théâtre, cinéma… Tu as une préférence ?
Je devrais avoir un rôle un peu plus important pour une série sur France 3 et différents court-métrages… J’aime le théâtre pour le côté « direct » où t’as pas le droit à l’erreur mais aussi le cinéma pour son exact opposé où tu prends plus le temps… On pourrait penser que le cinéma est beaucoup plus facile, mais c’est complètement différent. Il faut être très patient : pour tourner 3 minutes il te faut 10 heures… Ce n’est pas la même exigence. Physiquement, le théâtre me correspond plus mais pour l’interprétation, le cinéma est vraiment très intéressant. Tout ça du haut de ma toute petite expérience bien sûr.
« Ils ont les capacités d’aller gagner ce dernier match »
Quel rapport tu entretiens au rugby désormais ?
Pendant un an et demi, le rapport était télévisuel. Cela va désormais un peu changer. J’ai débarqué à Paris avec ma copine, Fiona, qui est ostéopathe et qui bosse pour le club qui m’a formé : le Stade Domontois dans le Val d’Oise. Ils m’ont proposé d’entraîner l’équipe de Fédérale 3 à partir de la saison prochaine. Donc je vais m’y remettre.
Tu suis toujours les aventures du Provence Rugby ?
Bien sûr, bien sûr ! J’ai regardé tous les matchs diffusés sur La Chaîne L’Equipe. Je n’en ai pas raté un. Je suis très heureux pour le club de cette première place.
Il reste un match à gagner, une grosse pression à gérer…
Oui c’est vrai. Il faut rester concentré sur ce dernier match. Mais aussi regarder le « Midol » les deux semaines qui arrivent en espérant un faux-pas. S’il n’y en pas, il faudra gagner ce dernier match. Assumer les choses. Ils ont réussi leur saison jusqu’à présent, puisqu’ils ont de l’avance et sont restés leaders une très grosse partie de la saison. Ce qui est sûr, c’est qu’ils ont les capacités d’aller gagner ce dernier match.

