Alexis Driollet :
« je n’ai pas envie de me mettre plus en danger »
En arrêt de travail jusqu’à fin janvier pour une succession de commotions cérébrales, Alexis Driollet a finalement décidé d’en rester là avec le rugby et ses violents contacts. Du moins, jusqu’à la fin de cette saison, moment où il fera un point définitif. Mais à travers son interview, on comprend bien que la fin de la carrière du valeureux troisième ligne est proche. Drioll’ s’explique. Avec le discernement et la réflexion qui accompagnent toujours ses entretiens.
Alexis, tu étais en arrêt jusqu’à la fin du mois de janvier pour une répétition de commotions, qu’en est-il aujourd’hui ?

On comprend que cela dépasse le cadre du rugby, et que c’est l’après-rugby qui est en jeu…
Exactement, je pense à l’après-rugby. J’espère, et je pense, que je n’aurais pas de séquelles plus tard. Mais si lésion il doit y avoir, on le verra dans une dizaine d’années. Et je n’ai pas envie de me mettre plus en danger. Je pense que j’ai largement dépassé la limite…
C’est la fin de la carrière d’Alexis Driollet ?
C’est difficile pour moi de le dire. Je ferai un point en fin de saison. C’est difficile de dire « oui, c’est la fin de ma carrière » parce que c’est brutal… Mais je n’ai plus envie de me retrouver seul dans un vestiaire à ne plus savoir où je suis, à avoir l’impression d’avoir le soleil en plein visage pendant trois-quart d’heure, de prendre ma douche tout seul en ne sachant plus vraiment ce qu’il s’est passé… Ça m’est arrivé une dizaine de fois dans ma vie. Quand j’avais 20 ans, je serrais les dents et je me disais : « c’est le métier qui rentre » mais aujourd’hui je ne suis plus prêt à être dans cet état là.
« Rugbyman dans l’âme »
Ce doit être encore plus difficile de dire « stop » au moment où l’équipe se bagarre en fin de tableau…

Ton programme pour les prochains mois ? Tu vas continuer l’entraînement ?
Bien sûr. Je reste un sportif et un rugbyman dans l’âme. Je suis tous les jours en préparation physique.
En tout cas, les media de Provence Rugby sont ravis et imaginent très bien une reconversion comme consultant. Ça te dit ?
Pourquoi pas tiens… (rires) Avec grand plaisir !
Les commotions cérébrales au centre des préoccupations
« En France, il n’y a pas de statistiques précises et la seule évaluation pragmatique est celle concernant le foot US, où la problématique est inquiétante. Donc oui, le rugby est un sport qui comporte des risques mais la prise en charge des joueurs et les dispositifs de prévention sont de plus en plus poussés. La mise en place des protocoles commotions pendant les matchs ou des délais de récupération sont des mesures qui vont dans ce sens là », Patrice Halimi, médecin référent Provence Rugby