Quentin Carudel, journaliste sportif à Ouest France chargé de couvrir l’actualité du rugby vannetais, donne quelques clés avant la rencontre de ce soir entre Vannes et Provence Rugby.
Quentin, Vannes restait sur trois victoires avant une défaite assez nette à Colomiers. Comment ce revers a-t-il été accueilli ?
Avec de la déception, bien sûr. Le coach (Jean-Noël Spitzer) avait dit qu’ils iraient en espérant, déjà, prendre un bonus défensif. Je pense qu’ils ne s’attendaient pas à avoir autant de mal face à Colomiers même s’ils savent que c’est très dur de gagner là-bas cette saison. Après, le RC Vannes n’est pas très performant, cette année, à l’extérieur. Il n’y a pas le feu au lac, je pense qu’ils relativisent, surtout au vu de l’équipe alignée qui était quand même très remaniée.
On imagine ainsi que la rencontre de ce soir revêt une importance toute particulière pour le club…
Oui, c’est sûr. Vannes ayant des difficultés à l’extérieur, toutes les rencontres comptent double à domicile. Ils savent très bien que s’ils perdent leur invincibilité à domicile, la situation peut devenir très embarrassante.
Avez-vous une idée de la manière dont est perçu Provence Rugby du côté de la Bretagne ?
Jean-Noël Spitzer et tout son staff prennent chaque rencontre avec énormément de sérieux. Je pense qu’ils se méfient de Provence, même si l’équipe semble en difficulté en ce moment.
« C’est cette ferveur autour du club qui fait la force du RC Vannes »
Quels joueurs doit-on suivre du côté Vannetais ?
On peut penser à un Ambrose Curtis qui est capable de transpercer des défenses à n’importe quel moment et qui fait pas mal de différences. On peut aussi penser à un Matthys Gratien (finalement absent ce soir), qui est l’un des meilleurs marqueurs du club cette saison alors qu’il est très jeune. C’est un joueur très prometteur. Après, les atouts de Vannes sont surtout sa solidité défensive et sa qualité en touche.
Vannes est toujours invaincu chez lui en ayant fait tomber pas mal de cadors de ce championnat. Selon vous, d’où vient cette force à domicile ?
Justement, mon papier de demain (lire aujourd’hui) dans Ouest France sera sur ce thème-là. J’ai interrogé plusieurs coachs de Pro D2 qui sont venus à Vannes cette saison ou bien les saisons passées. je pense qu’il y a vraiment une culture du rugby breton qui est en train de se développer à Vannes, il y a une super ambiance à la Rabine avec un stade toujours plein. Et ça, ça joue beaucoup. On sent vraiment les joueurs transfigurés quand ils jouent chez eux. Ils sont à 200% et il y a un public qui pousse dans les bons comme dans les mauvais moments. Il y a des exemples : cette saison, face à Béziers ou Soyaux-Angoulême, il y a eu des moments difficiles, ils ne sont pas passés loin de perdre mais le public les a toujours poussés et on a senti que cela avait fait basculer les choses. D’être invincible, ça donne aussi un supplément de motivation parce que quand on est joueur, on a de l’ego et on n’a pas envie voir la série s’arrêter. Ce qui est sûr, c’est que les joueurs jouent devant 7000 ou 8000 spectateurs à chaque match et qu’ils ont envie de rendre cette fidélité et de récompenser leurs supporters. C’est cette ferveur autour du club qui fait la force du RC Vannes en ce moment.
Un mot sur Ged’ Fraser, l’entraîneur des trois-quarts passé par Provence Rugby, qui est aujourd’hui à Vannes ?
Son travail est apprécié ici. Je suis plus en relation avec Jean-Noël (Spitzer) mais on sait que c’est un bon coach, très précieux. C’est ce que disait Jean-Noël Spitzer lorsqu’ils avaient été nominés à La Nuit du rugby dans la catégorie « Meilleur staff de Pro D2 ». Il disait qu’il était très satisfait de sa relation avec Ged Fraser.
