À l’occasion de la reprise du championnat Espoirs, ce samedi 21 mars à Chambéry, mise en lumière sur le parcours de Luca Mazères. À 19 ans, le troisième ligne du Centre de Formation, arrivé de Draguignan il y a quatre ans, découvre depuis plusieurs mois le circuit du rugby à 7 à travers l’Académie Olympique France 7, en parallèle de son engagement avec les Espoirs.

Tout commence presque par hasard, lors d’un tournoi Élite disputé avec l’association Seven Sud Garonne.
« J’ai commencé le 7 sur un tournoi Élite Crabos. Ça s’est très bien passé ! Il y avait Nicolas Le Roux, qui entrainait les Barbarians. Il m’a parlé du circuit et de la possibilité de jouer le SuperSevens. J’ai fait deux tournois sur le circuit avant d’être appelé sur les deux dernières étapes du SuperSevens à Dax et Pau car il y avait des blessés. C’est comme ça que j’ai intégré le groupe. »
Ses performances lui ouvrent ensuite les portes de l’Académie de rugby à 7, un dispositif de la Fédération destiné à préparer les talents de demain.
« L’Académie, c’est plusieurs stages de quatre jours où on s’entraîne avec l’équipe professionnelle de France à 7. On est une dizaine de jeunes formés à potentiellement intégrer l’équipe de France. J’ai fait mon premier stage en novembre à Marcoussis, et il y a deux semaines à l’INSEP. Pour la suite, il y a deux tournois en juillet, en Allemagne et en Croatie. Ils y mélangent les pros et les jeunes de l’Académie. »
Le dernier rassemblement, organisé à l’INSEP, a marqué le jeune joueur.

« C’est énorme là-bas. Les infrastructures sont immenses, je n’avais jamais vu ça. Le village est tellement grand qu’on peut presque s’y perdre. »
Durant ces stages, le rythme est intense, avec deux séances par jour et un travail très ciblé sur les exigences du rugby à 7. Pour lui, cette discipline représente un formidable complément au rugby à XV.
« Pour moi, le rugby à 7 est un accélérateur pour le rugby à 15. Tout va plus vite, tu dois prendre des décisions rapidement et être bon dans les duels. Si tu rates un plaquage à 7, derrière il n’y a personne. Ça permet de travailler l’endurance, le jeu aérien, les duels… On développe plein d’aspects du jeu. »
Au contact des internationaux français, champions olympiques l’été dernier, l’expérience est aussi impressionnante qu’inspirante. Nathan Delabroy, son entraîneur au Centre de Formation, suit de près cette aventure :
« S’entraîner avec des mecs qui sont champions olympiques, c’est une pression en plus pour lui. Il est exposé à un environnement très différent de celui de Provence Rugby en Espoirs. Très stimulant, très inspirant, parce que ce sont des joueurs qui ont réussi à être champions olympiques. »
Encore en pleine progression, Luca Mazères garde les pieds sur terre mais ne cache pas ses ambitions.
« Chez Provence Rugby, ça fait trois mois que je m’entraîne avec les pros, mon objectif, ce serait déjà de jouer mon premier match en Pro D2. Et pourquoi pas continuer à progresser. Les Jeux Olympiques de Los Angeles ? On ne sait jamais. Bien sûr, il y a une petite liste, mais ce serait un objectif ! »
Si les effets sur le jeu sont encore difficiles à mesurer, Nathan Delabroy observe déjà des changements ailleurs, plus profonds :
« Je trouve une évolution sur sa maturité, sur ce qu’est le haut niveau, sur des choses qui sont fondamentales : son autodétermination, sa capacité à réaliser ce que veut vraiment dire l’exigence de ce haut niveau. J’espère que ça lui donnera confiance en lui, en se disant : on m’a choisi, moi et pas un autre, pour ça. »
« À chaque retour de stage, lors des débriefs, il a des étoiles dans les yeux. Juste pour le plaisir pris par le joueur et ce côté un peu excitation, je pense que c’est déjà génial. Aujourd’hui, il est de plus en plus considéré du côté des pros, donc j’espère que ça paiera. »
Cette saison, Luca Mazères s’inscrit dans la continuité chez les Espoirs, avec 10 feuilles de match sur 12 disputées, et 3 essais inscrits, sous les couleurs Noirs. Il sera titulaire à Chambéry, à l’occasion du match de reprise, confirmant sa place dans la rotation et la confiance accordée par le staff dans cette dernière ligne droite.
En attendant, le jeune troisième ligne poursuit sa formation au quotidien entre entraînements avec les professionnels, études et rugby à 7. Une trajectoire qui illustre la diversité des parcours proposés au sein du centre de formation provençal.