En supériorité numérique pendant 50 minutes, les Noirs s’imposent de justesse face à Strasbourg. Si la série de victoires consécutives est portée à 9, la manière, elle, n’aura guère été au rendez-vous. Heureusement, l’avertissement est sans frais.
FICHE TECHNIQUE
Provence Rugby 26 – 23 Strasbourg. Stade Maurice-David. Temps clair. Terrain gras. Arbitre : M. Coulon. Score à la mi-temps : 12 – 6. Pour Provence Rugby : 4 essais (Zambelli 5′ Malet 21′, Cibray 50′, de pénalité 53′), 2 transformations (Massip 21′, 50′). Pour Strasbourg : 2 essais (Tyumenev 65′, Kaiser 73′), 2 transformations (Michallet 65′, 73′), 2 pénalités (Vletter 8′, 16′), 1 drop (Michallet 46′). Cartons : Beal (jaune, 62′) pour Provence Rugby ; Fatafehi (jaune, 38′) pour Strasbourg.
Composition des équipes
Provence Rugby : Aguero, Tuapati, Moreno Rodriguez – Lockley, Kbaier – Beal (cap.), Edwards, Malet – Cibray (m), Lespinas (o) – Zambelli, Giordano, Brousse, Labarthe – Massip. Remplaçants : Carrat, Resseguier, Mondoulet, Munoz, Cecot, Sola, Vakacegu, Loukia.
Strasbourg : Gaborit, Pretorius, Belhaouari – Peacock, Tabakanalagi – Masson, Beaumont, Fatafehi – Sylvestre (m), Vletter (o) – Raikuna, Peleseuma, Kaiser, Scaloni – Romain. Remplaçants : Tyumenev, Fakalelu, August, Perez Galeone, Menzel, Michallet, Rapp, Delabreque.
LE SCENARIO
80ème minute : dernière possession pour les Noirs, dans le camp strasbourgeois, et Fabien Cibray préfère dégager en touche pour mettre fin aux débats plutôt que de tenter de grappiller le point supplémentaire du bonus. Cette image illustre bien la difficulté qu’ont eue les Noirs à venir à bout des Strasbourgeois. Pourtant, à 4 essais à 0 (26-9) à la 53ème minute, on pense que Cedric Beal et ses partenaires vont tranquillement l’emporter, bonus offensif à la clé. D’autant qu’ils sont en supériorité numérique après la blessure des deux piliers gauche strasbourgeois et que la règle de la carence est appliquée dès la 33ème minute.
Mais au lieu de ça, l’atmosphère va légèrement se tendre… Les Noirs balbutient leur rugby, font preuve de maladresse et ont du mal à contrecarrer les plaquages en haut et la puissance strasbourgeoise, à l’image de ce colosse de numéro 8, Fatefahi. Tyumenev en force et Kaiser, au large, au terme de deux très belles séquences, ramènent leurs coéquipiers à trois petits points des Aixois… pour un bonus défensif qui va s’avérer comme un minimum, vue la prestation fournie par les visiteurs qui se seront même retrouver à deux joueurs de moins pendant quelques minutes.
Il faut dire que dans cette partie où l’on aura quasiment joué aucune phase de conquête (mêlées simulées et des touches non contestées par les Alsaciens), on aura eu tendance à s’endormir quelque peu… Est-ce le cas des Provençaux qui, pendant 50 minutes ont affiché un niveau de jeu de très bonne facture ? Car, on l’oublierait presque, il y a d’abord eu ce très bel essai de Thibaut Zambelli, qui marque après une un renversement de jeu bien senti par Fabien Cibray et un exemple de passe au pied de Regis Lespinas. Il y avait ensuite eu cet essai de Charles Malet, venu, comme très souvent, perforer la défense au ras en sollicitant le cuir à hauteur. On a aussi vu un essai de filou de Fabien Cibray, marqué dans un trou de souris après un pilonnage en règle des avants aixois. Et puis cet essai de pénalité accordé par l’arbitre suite à une faute grossière sur l’en-but strasbourgeois après un contre bien négocié au pied par Thibaut Zambelli.
La suite, on la connait, ce sera une galère pour les Noirs. Qui s’en sortent indemnes, malgré la perte du 5ème point. Mais ce qu’ils sont en train de réaliser – 9 victoires de rang – est énorme, et c’est ce qu’on retiendra pendant 15 jours, jusqu’à ce déplacement à Chambéry. Où il faudra être meilleur que ce soir pour envisager voir la série se poursuivre. Sinon, l’avertissement sans frais pourrait se transformer en sanction.
UN HOMME DANS LE MATCH / Alipate Fatafehi
Prestation énorme pour le numéro 8 strasbourgeois, qui emmené toute son équipe dans son sillage. Le Tongien de 32 ans, à la soixantaine de matchs en Top 14 et Pro D2 confondus, a réalisé une excellente performance. Il a souvent fallu plusieurs Aixois pour l’arrêter, ce qui a contribué à rendre l’infériorité numérique de son équipe quasi-invisible. Avec l’ex-Lyonnais dans son équipe, nul doute que le pack du RCS devrait en secouer plus d’un d’ici la fin de saison.
LA RÉACTION / Fabien Cibray
« Il faut avoir assez d’humilité pour dire que nous avons mal préparer le match en amont, et on n’a pas fait une bonne performance ce soir face à une très bonne équipe de Strasbourg, qui a crânement joué sa chance, qui était très structurée et qui a des joueurs puissants sur les un-contre-un. On n’a pas trop su s’adapter. On n’est pas rentrés dans le match, mais finalement à l’image de cette semaine, dans laquelle on n’est jamais rentrée véritablement. Avertissement sans frais, on passe entre le mur et la tapisserie, comme on dit »
