Après Biarritz et Bayonne, Provence Rugby fait tomber une troisième grosse écurie du championnat en battant Perpignan. Une victoire arrachée en deuxième mi-temps au terme d’une rencontre qui aura ravi les 4 400 spectateurs. La spirale est incontestablement positive.
La fiche technique
Provence Rugby 30 – 21 Perpignan. Vent glacial, ciel bleu. Pelouse moyenne. 4400 spectateurs. Score à la mi-temps : 13 – 15. Arbitre : Pierre Brousset. Pour Provence Rugby : 3 essais (Vakacegu 6′, Berger 51′ et Moreno Rodriguez 61′), 3 transformations (Bouillon 6′, 52′, 61′), 3 pénalités (Bouillons 9′, 15′, 71′). Pour Perpignan : 2 essais (Pujol 24′ et Kulemin 35′), 3 pénalités (Bousquet 12′, 45′, 54′), 1 transformation (Bousquet 25′). Cartons jaunes : Molcard (33′) pour Provence Rugby ; Forletta (21′) et Kulemin (70′) pour Perpignan.
Composition des équipes
- Provence Rugby : Zakashvili, Tuapati, Moreno Rodriguez – Vallejos, Potente – Longépée, Molcard, Bornman (cap.) – Berger (m), Bouillon (o) – Vakacegu, Swanepoel, Marrou, Poujol – Levy. Remplaçants : Lescadieu, Ndiaye, Guillaume, Navickas, Clément, Jacquet, Naioko, Assi.
- Perpignan : Forletta, Genevois, Ion – Charlon, Kulemin – Strokosch, Brazo, Chateau (cap.) – Ecochard (m), Selponi, Artru, Torfs, Piukala, Pujol – Bousquet. Remplaçants : Terrain, Custoja, Chalureau, Beaux, Descons, Belie, Nawaqatabu, David.
Le contexte
Le point de bonus défensif pris à Mont-de-Marsan lors de la dernière journée ne vaudra quelque chose que s’il est bonifié, aujourd’hui, devant l’ogre perpignanais. L’USAP, elle, arrive avec une confiance retrouvée au prix d’une victoire décrochée dans les ultimes secondes de la rencontre jouée face au LOU, dimanche dernier. Deux jours de récupération en plus pour les Noirs suffiront-ils à faire pencher la balance ?
Le scenario
Après une minute de silence magnifiquement émouvante à la mémoire de Kevin Audouin, les Noirs attaquent la rencontre pied au plancher. Vakacegu tape une chandelle qui atterrit au milieu d’un no man’s land. Le Fidjien est à la tombée de son coup de pied et file tout droit, jusque derrière les lignes, en plein milieu des perches. Derrière, pénalité de Bouillon qui permet aux Provençaux de mener 10-0 après 10 minutes.

Le retour des vestiaire va mettre en lumière le travail du paquet d’avant. Si la touche a été très moyenne aujourd’hui, la mêlée, ouverte et fermée, aura été ultradominatrice. Et la base du succès aixois. Berger en profite une première fois pour s’extirper au près, avant que Moreno Rodriguez ne marque en force. Un dernier groupé pénétrant lamine la défense perpignanaise, et renvoie Kulemin aux vestiaires 10 minutes avant tout le monde pour un carton jaune.
Avec 9 points d’avance, les Noirs n’ont plus qu’à gérer. Portés par un Bornman leader dans l’âme, qui aura parfaitement dirigé ses coéquipiers, les Provençaux l’emportent après un match qui n’ont pas forcément maîtrisé mais qu’ils auront davantage voulu gagner que leurs adversaires. Et le spectacle, avec 5 essais au total et du suspense, fut superbe.
Un homme dans le match Jérôme Jacquet

Les conséquences
Depuis l’arrivée de Marc Delpoux, cela fait donc 9 points en 3 matchs. Un rythme de croisière qui permet aux Noirs de revenir sur les talons de Dax (à un point) et de se plonger dans la phase retour avec une confiance retrouvée. Il fallait au moins ça avant d’attaquer un double déplacement dangereux du côté de Béziers puis Carcassonne. L’espoir est là, et bien là.
La réaction
Marce Delpoux : « si vous ne vous décontractez pas un peu…«
Marc Delpoux (entraîneur général Provence Rugby) : « On fait une première mi-temps qui, à mon sens, est catastrophique, même si on reste accrochés à eux. Hormis la chandelle, qu’on récupère et où on marque, et la seconde action, hormis ça, c’est d’une pauvreté incroyable. C’est dû à notre faiblesse en touche pendant presque tout le match. A la décharge de Tuapati, il a eu une semaine très, très compliquée, il n’a pas pu s’entraîner… A la mi-temps, je leur ai dit : « si vous ne vous décontractez pas un peu, on ne s’en sortira pas ! » En seconde mi-temps, on a davantage tenu le ballon et pris un peu plus de risque, ça a payé. Quand je suis arrivé, que j’ai regardé le calendrier, j’ai vu qu’on recevait, Bayonne, Perpignan, Aurillac… Avec ces deux déplacements d’affilée au milieu… Je me suis fais du soucis sur ces six premiers matchs ! On en a passé trois pas trop mal, il en reste trois très compliqués… C’est dur toutes les semaines ».